Le Prénom : la fin expliquée, du canular Adolphe au prénom final du bébé
Un dîner de famille ordinaire dérape à partir d'une seule phrase : Vincent annonce vouloir appeler son futur fils Adolphe. Ce qui commence comme une provocation à table se transforme en soirée où chaque convive voit ses secrets mis à nu, jusqu'à un dernier rebondissement sur l'identité amoureuse de Claude. Voici comment Le Prénom se termine réellement, et quel prénom le bébé porte pour finir.
Le dîner qui dérape : la fausse annonce du prénom Adolphe
Le film se déroule presque intégralement dans l'appartement parisien de Pierre et Élisabeth, dite Babou, un couple d'enseignants qui reçoit à dîner Vincent, le frère de Babou, agent immobilier, ainsi que Claude, un musicien ami d'enfance du frère et de la sœur depuis toujours invité à leurs repas de famille. Anna, la femme de Vincent, enceinte de leur premier enfant, doit arriver plus tard dans la soirée, ce qui laisse le temps aux quatre autres de commencer sans elle.
C'est en attendant Anna que Vincent lance, presque en passant, le prénom qu'il compte donner à son fils : Adolphe, en référence au roman de Benjamin Constant. Pierre, professeur de lettres, explose : il ne parvient pas à séparer ce prénom du souvenir d'Adolf Hitler, quelle qu'en soit l'origine littéraire revendiquée par Vincent, et le lui reproche avec une virulence que les autres convives jugent immédiatement excessive. Cette réaction disproportionnée est le déclencheur de toute la soirée : elle installe un climat de règlement de comptes où chaque convive, un par un, va se retrouver poussé à défendre, justifier ou avouer quelque chose qu'il aurait préféré garder pour lui.
La fin expliquée : le secret de Claude et le prénom qui compte vraiment
Au fil du dîner, les provocations s'enchaînent et prennent une tournure de plus en plus personnelle. Vincent traite la famille de Pierre et Babou de bourgeoise et prétentieuse, Pierre renvoie à Vincent son égoïsme chronique, et c'est finalement Claude qui devient la cible principale des sarcasmes du groupe, Vincent allant jusqu'à révéler le surnom moqueur qu'il lui donne en privé, « la prune », sous-entendant depuis des années que son ami serait homosexuel sans jamais le lui avoir dit en face.
C'est en réponse à cette pression que Claude lâche le secret qu'il protégeait depuis le début de la soirée : il entretient bel et bien une relation amoureuse, mais pas avec la personne que tout le monde imaginait. Sa compagne s'appelle Françoise, la propre mère de Vincent et de Babou. La révélation prend Vincent totalement au dépourvu et le pousse à un geste qu'aucune des disputes précédentes n'avait provoqué : il bouscule violemment Claude contre la table, incapable de gérer la nouvelle autrement que par la colère physique.
Cette explosion agit comme un déclic pour les aveux qui suivent. Pierre reconnaît avoir tué, enfant, l'animal de compagnie de la famille et laissé Vincent en porter la responsabilité à sa place pendant des années. Babou, de son côté, exprime pour la première fois devant tout le monde le ressentiment qu'elle accumule depuis longtemps : elle a renoncé à une carrière universitaire pour sa famille sans jamais recevoir la reconnaissance de Pierre, qu'elle décrit comme un mari distant plus préoccupé par son propre confort que par leur couple.
La soirée se termine sur une rupture, au moins temporaire : Anna, arrivée entre-temps et choquée par le comportement de Vincent tout au long du dîner, quitte l'appartement en compagnie de Claude et lui interdit de rentrer directement chez eux ce soir-là. Le film referme cependant la boucle ouverte par la blague du début : quatre mois plus tard, à l'hôpital, Vincent et Anna découvrent que leur enfant est en réalité une fille, et non le fils autour duquel toute la dispute sur le prénom Adolphe avait tourné. Ils la prénomment Françoise, en hommage à la mère de Vincent, celle dont la relation avec Claude avait mis le feu à toute la soirée quelques mois plus tôt.
Un huis clos théâtral porté par ses seconds rôles
Le Prénom adapte une pièce coécrite par Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte, qui signent également la réalisation du film. Cette origine théâtrale explique le choix de resserrer presque toute l'action dans un seul appartement et sur une seule soirée, une contrainte qui met en valeur les dialogues et les face-à-face plutôt que l'action. Guillaume de Tonquédec, dans le rôle de Claude, et Valérie Benguigui, dans celui de Babou, ont d'ailleurs été récompensés aux Césars pour leurs interprétations respectives, preuve que la mécanique de la pièce a parfaitement survécu au passage à l'écran. Patrick Bruel, dans le rôle de Vincent, et Charles Berling, qui incarne Pierre, complètent une distribution resserrée où chaque acteur porte l'un des cinq personnages présents à ce dîner du début à la fin, sans figurant ni scène tournée ailleurs que dans cet appartement.
Questions fréquentes
Vincent va-t-il vraiment appeler son fils Adolphe ?
Non. L'annonce n'est qu'une provocation lancée à table pour choquer son beau-frère Pierre. Claude, en fouillant discrètement dans les affaires de Vincent pendant la soirée, découvre le roman Adolphe de Benjamin Constant et comprend qu'il s'agit d'un canular : le prénom réellement envisagé par Vincent est Henri, en hommage au père défunt de Vincent et de sa sœur Élisabeth.
Pourquoi Pierre réagit-il si violemment au prénom Adolphe ?
Pierre, professeur de littérature, ne peut pas dissocier ce prénom d'Adolf Hitler, malgré l'orthographe différente et la référence littéraire que Vincent affirme viser. Sa réaction disproportionnée, jugée hypocrite par les autres convives compte tenu de ses propres choix de prénoms pour ses enfants, met le feu aux poudres et lance la spirale de règlements de comptes qui occupe le reste du film.
Qui est Claude et quel secret révèle-t-il pendant le dîner ?
Claude est un musicien, ami d'enfance de Vincent et d'Élisabeth, invité au dîner comme chaque année. Longtemps soupçonné par le groupe d'être homosexuel, Vincent le surnomme moqueusement « la prune », il finit par révéler qu'il entretient en réalité une relation amoureuse avec Françoise, la mère de Vincent et d'Élisabeth, ce qui prend tout le monde de court, Vincent en premier lieu.
Pourquoi Vincent frappe-t-il Claude après cette révélation ?
L'annonce de la relation entre Claude et sa propre mère est, pour Vincent, la révélation la plus déstabilisante de toute la soirée, davantage que n'importe quelle dispute précédente. Sous le choc et la colère, il bouscule violemment Claude contre la table, dans un geste qui tranche avec le ton jusque-là surtout verbal des affrontements du dîner.
Quel secret d'enfance Pierre finit-il par avouer ?
Pierre reconnaît avoir été responsable, enfant, de la mort de l'animal de compagnie de la famille, une faute pour laquelle Vincent avait pris le blâme à sa place à l'époque. Cette confession, arrachée par l'ambiance de règlement de comptes généralisé du dîner, humilie Pierre autant qu'elle éclaire une partie de la rancune que Vincent nourrit contre lui depuis des années.
Qu'est-ce qu'Élisabeth reproche-t-elle à Pierre et à sa propre vie ?
Élisabeth, dite Babou, explique avoir renoncé à une carrière universitaire prometteuse pour se consacrer à sa famille, sans que Pierre ne le reconnaisse ni ne l'en remercie réellement. Elle se décrit comme reléguée au rôle de bonne à tout faire du foyer, tandis que Pierre continue à se comporter en époux distant et peu impliqué, un ressentiment qu'elle n'avait jamais formulé aussi directement avant cette soirée.
Anna et Vincent se séparent-ils à la fin du film ?
La soirée se termine sur une rupture au moins temporaire : Anna, choquée par l'attitude égoïste de Vincent pendant tout le dîner, quitte les lieux avec Claude et lui interdit de rentrer directement au domicile conjugal ce soir-là. Le film laisse entendre que le couple se réconcilie ensuite, puisqu'Anna et Vincent sont bien ensemble quatre mois plus tard, au moment de la naissance de leur enfant.
Quel prénom porte finalement le bébé de Vincent et Anna ?
Le bébé, dont tout le film laissait supposer qu'il s'agirait d'un garçon prénommé Adolphe ou Henri, se révèle être une fille. Vincent et Anna la prénomment Françoise, en hommage à la mère de Vincent, celle-là même dont la relation avec Claude avait provoqué l'explosion de la soirée, ce qui referme la boucle ouverte par la blague du début du film.
Le Prénom est-il adapté d'une pièce de théâtre ?
Oui. Le film reprend le texte d'une pièce du même nom écrite par Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte, qui coréalisent également l'adaptation cinématographique sortie en 2012. Le dispositif de huis clos, presque entièrement situé dans l'appartement de Pierre et Élisabeth, conserve la structure théâtrale d'origine.
Pourquoi Vincent appelle-t-il Claude « la prune » ?
Ce surnom, révélé par Pierre au cours du dîner, joue sur l'expression « reine-claude », une variété de prune, et sert surtout de sous-entendu moqueur sur une supposée homosexualité de Claude que le reste du groupe n'avait jamais évoquée aussi frontalement. Le surnom prend un relief particulier une fois révélée la véritable relation amoureuse de Claude, sans lien avec ce que le sobriquet insinuait.
Le film est-il une comédie ou un drame ?
Le Prénom se présente comme une comédie de mœurs construite sur un dîner qui dégénère, avec un ton majoritairement léger et des répliques rapides, mais il traite en creux de sujets plus graves : rivalités fraternelles, mensonges de couple, non-dits familiaux accumulés sur des décennies. Le mélange des deux registres, plutôt que l'un ou l'autre, est ce qui a assuré son succès en salles.
Le film a-t-il rencontré du succès en France ?
Oui. Sorti en 2012, il a réuni plus de 3,3 millions d'entrées en salles, ce qui en a fait l'un des plus gros succès du cinéma français de l'année, et a valu deux Césars, ceux du meilleur second rôle masculin et féminin, à Guillaume de Tonquédec (Claude) et Valérie Benguigui (Élisabeth).